Ce soir-là et les jours d'après... Mercredi 26 juin à 21:00 sur France 2

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Communiqué de presse

Mercredi 26 juin à 21:00 sur France 2

Dans le cadre des grandes soirées de fiction du mercredi qui racontent nos vies et notre société, France 2 propose le 26 juin prochain à partir de 21h le téléfilm unitaire inédit « Ce soir-là et les jours d’après », réalisé par Marion Laine, avec Sandrine Bonnaire et Simon Abkarian.

Cette œuvre écrite par Nicolas Mercier narre la rencontre de deux personnages dont les routes se sont croisées en venant en aide à des victimes de l’attentat du Bataclan du 13 novembre 2015.

Pour accompagner la diffusion de cette fiction sur son antenne, France 2 a décidé de la proposer dans le cadre de La soirée continue, portée et incarnée par Julian Bugier.

Un débat sera ainsi proposé dans la foulée de la fiction : il permettra d’éclairer le public sur un certain nombre de problématiques essentielles (la prise en charge des victimes, la question des primo-aidants…) et donnera notamment la parole à des représentants des associations.

Plus largement, un certain nombre de magazines de France Télévisions évoqueront cette soirée continue et les thématiques qu’elle aborde.

France 2 tient à souligner que cet accompagnement éditorial autour du film « Ce soir-là et les jours d’après » est le fruit d’un dialogue approfondi ces derniers mois entre les équipes de la chaîne, de la production et des associations.

21h00: Fiction « Ce soir-là et les jours d’après », réalisée par Marion Laine

l’histoire en quelques mots:

Au soir du 13 novembre, une femme -qui habite derrière le Bataclan- et un homme -qui passait par là par hasard-, vont porter secours à des rescapés et blessés qui fuient les terroristes, et l’enfer de l’attaque.
Ensemble, ils vont attendre l’issue de l’attentat. Quelques jours plus tard, ceux-là mêmes qui avaient été secourus vont chercher via les réseaux sociaux à se revoir, et à retrouver leurs sauveurs. De chambres d’hôpital en rencontres dans les cafés, de destinées individuelles en histoire d’amour, de souffrances en résilience, et de colères en fraternité, le film retrace les quelques jours qui ont suivis les attentats, et le parcours de chacun pour retrouver le chemin de la vie.

22h40: Débat: « Attentats: la vie après » présenté par Julian Bugier

 

Note de l’auteur Nicolas Mercier:

Mon désir d’écrire « Ce soir là et les jours d’après » n’est pas né d’une volonté de montrer en film l’horreur des attentats du 13 novembre à Paris, mais d’avoir recours à la fiction pour parler de la difficulté à se reconstruire après une tragédie d’une telle violence.

Situer une histoire d’amour entre deux personnes qui se rencontrent « ce soir là et les jours d’après », n’est pas né non plus de l’idée indécente d’utiliser cette tragédie comme toile de fond d’une romance. Il s’agissait avant tout de trouver un angle pour ne pas aborder frontalement le sujet des attentats ou de l’après attentats. Quel personnage de fiction pourrait rivaliser avec l’histoire réelle de ceux qui ont vécu la réalité de cet enfer?

Choisir de parler du lien qui se noue entre deux personnages qui viennent en aide aux rescapés du Bataclan était donc la seule solution de fiction pour illustrer la réponse la plus émouvante au déferlement de violence et de haine de cette soirée : l’héroïsme, la solidarité, et l’entreaide qui ont aussi régné, comme seuls témoignages puissants d’espoir et de foi en l’humanité.

 

Interviews de Philippe Duperron, Président de l’association de victimes des attentats 13onze15 et Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur et Directeur général de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT – fédération d’associations de victimes)

Ce soir-là, notamment à travers les rôles de Sandrine Bonnaire (Irène) et Simon Abkarian (Karan), permet de mettre la lumière sur les primo-intervenants, ces civils et professionnels qui portent secours aux victimes tout de suite après un attentat ou une catastrophe naturelle.

À l’occasion de la diffusion du téléfilm, Philippe Duperron, Président de l’association de victimes des attentats 13onze15 et Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur et Directeur général de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT – fédération d’associations de victimes) expliquent leur rôle et leur travail au quotidien auprès de tous ceux qui ont été affectés, de près ou de loin, par l’événement.

Les primo-intervenants doivent-ils être eux aussi considérés comme victimes de l’événement ?

Philippe Duperron : Il y a cette « blessure invisible ». Les uns et les autres vont se remetttre plus ou moins en fonction de l’aide qu’ils reçoivent de l’extérieur (psychologues, psychiatres, médecins, associations) et de leur entourage mais il n’y a pas de règle. Chacun va se reconstruire plus ou moins rapidement, plus ou moins complètement, c’est un travail dans la durée. Les lieux sont aussi marqués par l’événement. Beaucoup ont dû changer de logement, voire de ville. Il y a un vrai bouleversement profond , l’idée qu’il fallait que quelque chose change. Des personnes ont été obligées de changer de profession. Pour beaucoup, après l’événement, il y avait aussi une recherche de sens à donner à sa vie, son travail.

Guillaume Denoix de Saint Marc : Ces personnes ne sont pas considérées comme victimes du terrorisme à proprement parler. Pourtant, elles peuvent également perdre leur habilité à travailler, être choquées. Comme les victimes, elles doivent bénéficier d’un statut et d’un accompagnement adapté.

Les attentats du 13 novembre ont-ils permis une évolution des dispositifs et de la prise en charge des primo-intervenants ?

GDSM : L’ampleur de l’événement et les carences constatées ont permis une prise de conscience de politique et une refonte des dispositifs de l’aide aux victimes1. Ainsi un Secrétariat d’État à l’aide aux victimes a été créé réunissant tous les acteurs pour les faire travailler ensemble (justice, santé, intérieur, affaires étrangères, association d’aide aux victimes et associations de victimes…). Cette action a été prolongée par la Délégation inter ministérielle de l’aide aux victimes avec des Comités locaux d’aide aux victimes dans chaque département. Ce qui a été créé pour les victimes du terrorisme a ensuite été étendu aux autres victimes, créant une véritable politique publique de l’aide aux victimes.

  1. D. : Et notre rôle immédiatement après les événements et encore aujourd’hui a consisté à conforter toute cette prise en charge ; de nous montrer présents aux côtés de toutes les victimes, qu’ils soient des victimes directes, leurs proches ou des survivants pour les assister, les écouter, les aider dans les nombreuses démarches auxquelles ils ont dû faire face.

Comment intervenez-vous auprès de toutes les victimes de ces événements ?

GDSM : Il n’y a pas une situation type. Il n’y a pas de parcours type de la victime, directe ou indirecte. Il faut d’abord les ré-humaniser. Les terroristes ne visaient pas ces personnes mais la société. Les victimes ont été les instruments utilisés par les terroristes pour frapper la société, ce qui a constitué pour elles une forme de déshumanisation. Ensuite, il faut les réinsérer dans la société ; il y a aussi un travail avec la société pour qu’elle les accepte telles qu’elle sont. Et, parfo is les victimes deviennent acteurs de citoyenneté. Elles utilisent le traumatisme qu’elles ont vécu pour le bien de la société. Heureusement, nous réussissons souvent à nous reconstruire, à nous réinsérer dans la société et à comprendre la complexité de notre nouvelle vie. Mais il y a un avant et un après. Pour que cela soit possible, il nous faut une prise en charge complète sur le court, moyen et long terme.

  1. D. : Le rôle des fédérations d’associations de victimes que sont d’une part, l’AFVT et, d’autre part, la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d’Attentats et d’Accidents Collectifs) est très important pour aider , conseiller et lancer ces associations dédiées.

Au-delà du procès, de la détermintation des responsabilités et de la reconnaissance de la qualité de victime, ces associations dédiées ont surtout une action orientée vers la préservation et l’entretien de la mémoire.

En quoi ce travail de mémoire est-il important pour les victimes ?

GDSM : Les victimes n’oublient pas et c’est la société qui oublie parce qu’un événement chasse l’autre. D’où l’importance de travailler sur cette mémoire collective, sur ce qu’est le terrorisme, sur ce que sont les victimes, comment elles se reconstruisent ; important d’avoir des signes forts – à ce titre, il existe une médaille de reconnaissance et les noms des victimes d’attentats peuvent être inscrits sur le Monument aux morts des communes. C’est une manière de les relier à l’hist oire de la Nation.

  1. D. : C’est particulièrement le rôle des associations de travailler à l’œuvre de mémoire. Se souvenir c’est aussi essayer de faire comprendre aux jeunes générations que cette violence est génératrice de traumatismes profonds et de dégâts importants. Et donc travailler à la mémoire, c’est essayer de persuader les plus jeunes qu’il ne faut pas que cela se reproduise.

Propos recueillis par Sébastien Pouey

(note)1L’AFVT organise en novembre prochain à Nice, un Congrès international des victimes du terrorisme, sous le haut patronage du Président de la République et avec le soutien de la Commission européenne et l’ONU. Il y a une prise de conscience tant au niveau français qu’international. Une table ronde se tiendra sur le sujet des primo-intervenants.

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